Les spécialistes d'Internet le disent depuis des années : Internet va droit dans le mur. Du moins si les acteurs ne changent pas radicalement le système IP (Internet Protocol) qui permet d'identifier chaque connexion à Internet. À l'occasion de la journée de l'IPv6 ("IPv6 day"), le 8 juin, plusieurs centaines de géants du Web, dont Google, Microsoft, Facebook, Yahoo ou encore Orange, s'associent pour tester pendant 24 heures leurs infrastructures avec la future norme. Le basculement vers IPv6 devient urgent : la région Asie-Pacifique sera à court d'adresses IPv4 dès ce mois-ci, et les autres régions du monde subiront le même sort dans les mois suivants. Mais le calendrier est sans cesse repoussé.





L'adresse IP est attribuée à chaque équipement connecté à Internet. Invisible pour qui ne regarde pas "sous le capot", elle permet pourtant à tous les internautes de communiquer entre eux et d'envoyer des données à un destinataire précis. Sous leur forme actuelle (IPv4), les adresses comportent quatre nombres de 0 à 255 séparés par des points (de type 123.123.123.123). Dans leur future forme (IPv6), les adresses seront beaucoup plus complexes et se présenteront sous la forme de huit groupes de quatre caractères (chiffres ou lettres) séparés par "deux points" (de type 2001:0df2:b5c3:9e4f:55c4:5586:bc37:47f8).

Craintes sur les cyberattaques

Ainsi, s'il n'est possible d'attribuer "que" 4,3 milliards d'adresses en IPv4, l'IPv6 permettra théoriquement d'atteindre le nombre imprononçable de 340 282 367 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 adresses. Bien plus qu'il n'en faudrait pour couvrir la planète entière (océans inclus) d'ordinateurs, de smartphones et d'autres objets connectés.

Source : LePoint;fr